Alcool, tabac, cannabis : consommation et dépendance chez les jeunes

Chez les adolescents, la consommation d'alcool, de tabac et de cannabis est élevée. Plus de la moitié des jeunes de 17 ans disent avoir bu au moins 5 verres en une même occasion au cours du mois écoulé (1). Que l'usage soit plutôt festif et récréatif ou ancré dans une réelle dépendance, les conséquences peuvent être importantes, avec parfois des effets sur le long terme. Alors comment en parler avec votre enfant ?

Seuls 6,6 % des adolescents de 17 ans n'ont jamais bu d'alcool, fumé de cigarette ni consommé de cannabis (1). L'adolescence, âge de tous les possibles et de toutes les découvertes, est une période d'expérimentation et de socialisation propice à la consommation d'alcool, de tabac ou de cannabis.

Quelles consommations chez les jeunes ?

Selon l'Inserm(2), à la fin de l'adolescence, 9 adolescents sur 10 ont déjà consommé de l'alcool. Cela commence parfois tôt, dès la 6e : parmi les élèves âgés de 11 ans, près de 6 sur 10 déclarent avoir déjà expérimenté une boisson alcoolisée. Mais c'est seulement à la fin du collège que des usages réguliers apparaissent. En 3e, près d'1 élève sur 10 déclare avoir consommé au moins 10 fois une boisson alcoolisée dans le mois précédant l'enquête. Si 34 % des collégiens ont connu leurs premières expériences d'ivresse, ils sont 59 % dans ce cas à 17 ans. Concernant la cigarette, le constat est sans appel : à 17 ans, plus de 2 jeunes sur 3 ont déjà fumé des cigarettes et près d'1 sur 3 est un fumeur quotidien à cet âge. Quant à la consommation de cannabis, elle est moins répandue, mais loin d'être mineure. Si les premières expérimentations restent rarissimes en début de collège, quelques années plus tard, à 17 ans, 42 % des adolescents ont déjà fumé au moins un joint. L'usage problématique, voire la dépendance au cannabis, concernent 5 % des jeunes de 17 ans.

Comment prévenir et détecter les conduites addictives ?

La consommation de drogues chez les jeunes a des effets plus délétères que chez l'adulte. La consommation d'alcool chez l'adolescent, et notamment l'intoxication massive, a ainsi des effets neurotoxiques plus prononcés sur le cerveau pouvant altérer la génération de nouveaux neurones, la mémoire et les apprentissages. Plus la consommation est importante, plus les déficits observés à moyen terme sont importants. Les effets du tabac sont eux aussi bien connus : une consommation régulière induit des problèmes respiratoires, cardiovasculaires et des cancers. En France, selon Santé Publique France, le tabac est la première cause de mortalité évitable, avec plus de 70 000 décès par an. En moyenne, 1 fumeur régulier sur 2 meurt prématurément des causes de son tabagisme et la moitié de ces décès se situent entre 35 et 69 ans. « Le risque d'être victime d'un cancer du poumon dépend du nombre de cigarettes que l'on fume chaque jour, mais surtout de l'ancienneté de son tabagisme », précisent les experts du site Tabac Info Service. Pour ce qui est du cannabis, les effets immédiats sont des troubles de l'attention, du temps de réaction, de la mémoire et des fonctions dites exécutives (qui provoquent les réflexes). Le cannabis, qui a un effet désinhibant, peut favoriser les prises de risques (comme se déshabiller, sauter d'un pont, etc). Si la plupart de ces effets disparaissent spontanément dans le mois suivant l'arrêt de la consommation ; chez l'adolescent, en particulier en cas de premiers usages avant 15 ans, certains troubles cognitifs peuvent persister (troubles de la mémoire, baisse de l'attention). Une consommation régulière et prolongée peut également altérer les résultats scolaires et les relations sociales et familiales.

Comment prévenir et détecter les conduites addictives ?

La prévention doit commencer le plus tôt possible afin d'éduquer les enfants à garder un regard critique sur les campagnes de publicité, quelles qu'elles soient, les industriels du tabac et de l'alcool sachant inciter les jeunes à la consommation. Toutes les activités développant l'estime de soi de votre enfant ainsi que ses compétences psychosociales sont également des éléments protecteurs au moment de l'adolescence. Ainsi, les sports collectifs ou les arts martiaux, qui développent une maîtrise de son corps et de son mental, la confiance en ses capacités physiques et le respect de soi et de l'autre ; les activités artistiques comme des cours de théâtre ou de photographie pour apprendre à s'exprimer, partager et créer avec d'autres ; sont particulièrement importants. Au quotidien, le fait de faire participer, en partie, votre enfant à votre vie sociale d'adulte et de lui apprendre à cultiver la sienne en organisant, par exemple, des goûters à la maison avec ses copains, est également un élément majeur de la construction de l'estime de soi et de l'apprentissage d'habilités relationnelles. Lorsque les parents sont eux-mêmes de grands fumeurs ou des consommateurs réguliers d'alcool, le risque d'une consommation régulière ou excessive chez leurs enfants est multiplié par 2 (2). L'exemple donné par les parents est prépondérant, pour que les jeunes ne commencent pas. L'environnement familial est donc particulièrement important : échanger avec son enfant, connaître ses amis et suivre ses activités ainsi que ses résultats scolaires sont autant de facteurs qui diminuent les risques de consommation, voire de dépendance. Il est important d'expliquer à ses enfants les risques associés à des pratiques dont ils ne mesurent pas toujours les effets et qu'ils peuvent croire anodines. Il faut leur dire que leur âge les expose plus, sur le plan physiologique notamment, à des effets indésirables qui parfois peuvent durer. Les risques associés, au plan des comportements sexuels ou de la conduite, doivent aussi être abordés. Les adolescents demeurent très sensibles aux messages véhiculés par les parents.

Où trouver de l'aide ?

Si les consommations de votre enfant vous apparaissent anormales, voire s'il est dépendant, consultez rapidement pour trouver des solutions avec lui.

Les consultations jeunes consommateurs

Les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) sont des lieux d'accueil et de prise en charge dédiés aux jeunes consommateurs de substances psychoactives.
L'objectif : les accueillir, ainsi que leur entourage. Le principe est de faire le point avec des professionnels et de se faire aider, si possible avant que la consommation ne devienne problématique.

Ces consultations mises en place depuis 2004, sont présentes dans la quasi-totalité des départements français et proposent un accueil gratuit et confidentiel. Les jeunes peuvent s'y rendre seuls ou accompagnés de leur parent ou d'un proche. Les parents peuvent également être reçus avec ou sans le jeune concerné.

Plusieurs solutions peuvent être proposées pour accompagner et aider les jeunes consommateurs :

  • Les " entretiens motivationnels ", réalisés en consultation externe, se fondent sur la nécessité de mettre en lumière et d'appuyer la motivation de l'adolescent pour qu'il puisse changer son ou ses comportements addictifs.
  • Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) fournissent aux jeunes des stratégies alternatives pour gérer des situations qui concourent au passage à l'acte addictif.
  • Les thérapies familiales mobilisent les parents et leur environnement pour encadrer et accompagner le jeune. Elles ont montré leur efficacité dans le contexte des CJC en France et en Europe. Elles s'avèrent davantage efficaces pour les situations sévères, quand cela concerne les moins de 16 ans et lorsque les troubles du comportement sont importants.

Ligne d'appel

Que vous soyez concerné directement ou indirectement par une consommation de drogues, n'hésitez pas à appeler Drogues Info Service. Vous y trouverez des professionnels formés aux problèmes d'usage et de dépendance aux drogues, une écoute sans jugement et confidentielle, une aide personnalisée et des orientations adaptées à votre situation.

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Drogues INFO Service

Soyez vigilant(e) aux signes éventuels qui pourraient révéler une consommation importante et échanger avec votre enfant sur ses consommations sont des leviers de prévention importants. Le fait qu'il vous sente attentif ou attentive au quotidien à ce qu'il vit et ressent est,en soi, une manière de réduire le risque d'addiction lors de l'adolescence.


(1) Observatoire français des drogues et toxicomanies (enquête Escapad).
(2) INSERM (salle de presse) : Conduites addictives chez les adolescents - Une expertise collective de l'Inserm (février 2014)

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