Sommaire
- Instagram, le réseau social des ados où l'image est reine
- Influenceur, nouveau métier de rêve pour les enfants
- Les dérives du marketing d'influence sur Instagram, et les risques pour les enfants
- Quel âge faut-il avoir pour utiliser Instagram et que dit la loi ?
- Révéler la face cachée d'Instagram aux yeux de ses enfants
- FAQ
- Instagram fixe à 13 ans l’âge minimum pour créer un compte, mais des règles spécifiques s’appliquent également aux mineurs en France.
- Les contenus retouchés et mis en scène par les influenceuses et influenceurs peuvent générer des complexes et une image déformée de la réalité
- La course aux likes et le scroll infini exposent les jeunes utilisateurs à un risque réel d’addiction
- Plusieurs lois encadrent désormais l’image des enfants en ligne, qu’ils soient simples utilisateurs ou influenceurs eux-mêmes
- Dialoguer sans jugement reste le meilleur moyen d’accompagner votre enfant sur Instagram
Instagram, le réseau social des ados où l'image est reine
Comme la plupart des grands réseaux sociaux, Instagram fixe à 13 ans l’âge minimum pour créer un compte. Mais entre les règles de la plateforme, la protection des données personnelles et les évolutions de la législation française, la question de l’âge mérite quelques précisions.
Instagram compte désormais plus de 3 milliards d’utilisatrices et utilisateurs actifs chaque mois dans le monde, selon les chiffres annoncés par Meta en septembre 2025. En France, la plateforme occupe aussi une place importante dans les usages numériques des adolescents : Snapchat et TikTok, complétés par Instagram, YouTube et WhatsApp, concentrent près des trois quarts du temps passé en ligne par les 12-17 ans, selon l’Arcom.
Influenceur, nouveau métier de rêve pour les enfants
Être influenceur est une vraie profession : trop peu d’adolescentes et d’adolescents en ont conscience, ne voyant que la face émergée de l’iceberg. Les photos retouchées et mises en scène par les jeunes stars du Net donnent souvent l’impression qu’elles vivent une vie de rêve, que ce soit sous les tropiques ou en plein cœur de Paris. Pourtant, le quotidien d’influenceur est loin d’être de tout repos. Et ça, on ne le voit pas sur Instagram ! Ces dernières années, de nombreuses publications ont d’ailleurs fleuri sur l’application mobile pour dénoncer cette fausse réalité, accompagnées de la mention « Instagram vs reality ».
Les dérives du marketing d'influence sur Instagram, et les risques pour les enfants
Une réalité maquillée et reproduite par les jeunes
Instagram peut poser problème dans la mesure où le contenu publié présente souvent un contraste important avec la réalité. Les photos et vidéos retouchées à coup de filtres en tout genre ne reflètent pas la vérité, et deviennent le nouveau référentiel des ados. En effet, les enfants s’identifient aux influenceurs, qu’ils voient comme des modèles : ils désirent s’habiller de façon similaire, acheter les produits qu’ils utilisent, et tester les mêmes activités. Les conséquences peuvent être positives, mais pas toujours. Ces visuels embellis peuvent ainsi être source de complexes, notamment chez les jeunes filles en quête du corps parfait. Sans compter les risques de publicité déguisée – ou mensongère – et d’arnaques liées au marketing d’influence… Mais attention à ne pas mettre tout le monde dans le même panier : il existe des influenceurs au profil sain, qui alertent et sensibilisent sur les dangers du Web, et qui prônent l’authenticité.
Ce décalage entre l’image publiée et la réalité s’accompagne souvent d’un vocabulaire bien particulier, propre aux communautés d’ados sur les réseaux : reconnaître le langage des jeunes sur les réseaux aide à mieux comprendre ce qu’ils vivent en ligne, sans pour autant chercher à s’immiscer dans chaque conversation. Au quotidien, cette exposition répétée à une image idéalisée peut fragiliser l’estime de soi, en particulier lorsque le physique ou le mode de vie mis en avant devient un point de comparaison permanent pour l’ado.
Un usage excessif qui peut affecter le bien-être des enfants
Mentions « J’aime », commentaires, lives, partage de posts, notifications… Instagram multiplie les sollicitations qui peuvent inciter les jeunes à rester longtemps sur l’application. Certains peuvent ainsi passer beaucoup de temps à faire défiler leur fil d’actualité ou se laisser entraîner dans une course aux likes, en accordant une importance croissante à l’image qu’ils renvoient et aux réactions des autres.
Un usage excessif ou problématique des réseaux sociaux peut être associé à différents effets sur le bien-être des adolescents, notamment :
- un sommeil perturbé ;
- une baisse de l’estime de soi ;
- de l’anxiété ou un mal-être psychologique ;
- un isolement ou un repli sur soi ;
- une relation plus difficile à son image corporelle.
Ces effets doivent être pris au sérieux, en particulier lorsqu’ils s’installent dans la durée ou commencent à affecter le sommeil, les relations sociales ou la vie quotidienne de votre enfant. Échanger régulièrement avec lui sur son utilisation d’Instagram et sur ce qu’il y voit peut aider à repérer plus tôt une situation préoccupante.
Bon à savoir : Instagram propose des fonctionnalités permettant de mieux encadrer le temps passé sur l’application et de limiter les notifications. Parlez-en avec votre ado pour l’aider à prendre du recul et à faire des pauses régulières.
Pour prévenir les usages excessifs, vous pouvez aussi agir plus largement sur le temps passé devant les écrans. Activer le contrôle parental proposé par la plupart des appareils permet notamment de fixer des limites de temps et d’instaurer progressivement de bonnes habitudes numériques, sans avoir à surveiller chaque interaction de votre enfant.
Quel âge faut-il avoir pour utiliser Instagram et que dit la loi ?
Instagram est-il autorisé avant 15 ans ?
Instagram fixe à 13 ans l’âge minimum pour créer un compte. Entre 13 et 15 ans, votre enfant et un parent doivent toutefois donner leur accord pour certaines utilisations de ses données personnelles. C’est notamment le cas lorsque l’utilisation de ces données repose sur leur consentement, par exemple pour certaines fonctionnalités optionnelles.
La France cherche par ailleurs à renforcer les règles d’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Une loi de 2023 a notamment introduit le principe d’une majorité numérique, avec l’objectif de soumettre l’inscription des moins de 15 ans à l’autorisation d’un parent. La mise en œuvre de ce dispositif a toutefois rencontré des obstacles juridiques et les règles en la matière continuent d’évoluer.
Si vous découvrez que votre enfant s’est inscrit sur Instagram avant l’âge minimum requis par la plateforme, vous pouvez signaler son compte et demander sa suppression.
Quelle protection pour les enfants influenceurs ?
La réglementation protège également les enfants et adolescents qui créent des contenus ou exercent une activité d’influence sur les réseaux sociaux.
Côté marketing d’influence, les influenceurs sont tenus d’indiquer clairement lorsqu’un contenu découle d’un partenariat avec une ou plusieurs marques, par exemple avec la mention « publicité » ou « collaboration commerciale ». La promotion ne doit par ailleurs pas porter atteinte à la dignité humaine.
Ce cadre a été renforcé par la loi du 9 juin 2023 encadrant l’influence commerciale, qui applique aux influenceurs mineurs un régime protecteur spécifique. Une première loi, adoptée en octobre 2020, avait déjà encadré l’exploitation commerciale de l’image des enfants de moins de 16 ans sur les plateformes en ligne.
Sur un autre plan, celui du partage de photos d’enfants par leurs propres parents, le « sharenting », une loi visant à garantir le respect de la vie privée des enfants a été promulguée le 19 février 2024. Cette protection de l’image des mineurs fait désormais pleinement partie des responsabilités liées à l’autorité parentale.
Révéler la face cachée d'Instagram aux yeux de ses enfants
Pensez ainsi à lui rappeler les règles de protection de base, en évitant le ton moralisateur :
- Sélectionner ses contacts, à savoir uniquement la famille et les amis proches de confiance.
- Utiliser un pseudonyme pour préserver son anonymat et limiter le risque de cyberharcèlement.
- Signaler les contenus indésirables aux modérateurs de la plateforme afin qu’ils les suppriment.
L’idéal est d’accompagner vos enfants sur le réseau, ainsi que sur l’ensemble des médias sociaux (TikTok, Snapchat…) pour les prémunir contre les éventuels dangers du Web. S’ils ont un loisir qu’ils souhaitent mettre en avant, Instagram peut aussi leur permettre d’échanger autour de leur passion et de rencontrer d’autres jeunes qui partagent leurs centres d’intérêt. La prudence reste toutefois de mise concernant les informations personnelles et les photos qui permettent de les identifier.
Si votre enfant rencontre une difficulté sur Instagram, notamment en cas de cyberharcèlement, encouragez-le à vous en parler et conservez les éventuelles preuves (messages, commentaires, captures d’écran). Pensez également à signaler les contenus ou comptes concernés à la plateforme. Selon les garanties souscrites, une assurance scolaire peut aussi proposer certains services d’accompagnement : consultez votre contrat pour connaître les garanties dont bénéficie votre enfant.
FAQ
Comment régler la confidentialité du compte Instagram de mon enfant ?
Dans les paramètres du compte, l’option « compte privé » permet de restreindre l’accès aux publications aux seuls abonnés approuvés. La CNIL recommande d’activer ce réglage par défaut pour tout compte de mineur, et de vérifier régulièrement la liste des abonnés pour s’assurer qu’elle reste cohérente avec le cercle de confiance de votre enfant.
Que faire si mon enfant reçoit des messages ou commentaires malveillants sur Instagram ?
Il est possible de bloquer et signaler l’internaute concerné directement depuis l’application. Si la situation s’installe dans la durée, elle peut relever du cyberharcèlement, notamment lorsque les faits se prolongent entre camarades de classe et débordent sur le climat scolaire au quotidien.
Comment savoir si mon enfant passe trop de temps sur Instagram ?
Un usage devient problématique lorsqu’il empiète sur le sommeil, la scolarité ou les interactions sociales en dehors des écrans, ou que votre enfant montre de l’irritabilité dès qu’il n’y a pas accès. Ces signaux rejoignent ceux d’une possible addiction aux réseaux sociaux, à prendre au sérieux sans pour autant dramatiser la situation.
Instagram peut-il aggraver une situation de harcèlement déjà présente à l'école ?
Oui, les réseaux sociaux prolongent parfois, en dehors des heures de classe, une situation de harcèlement scolaire déjà installée. Rester attentif aux deux terrains, physique et numérique, aide à mieux cerner l’ampleur réelle de ce que traverse votre enfant.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre indicatif. Les règles d’âge, les paramètres et les fonctionnalités d’Instagram peuvent évoluer : vérifiez les conditions d’utilisation et le centre d’aide officiels de la plateforme.