Mon enfant est harcelé à l'école, que faire ?

Mon enfant est harcelé à l'école, que faire ?

Vous découvrez que votre enfant est harcelé à l'école et vous vous sentez démuni. Comment faire face à ce problème ? Il existe des approches différentes en fonction de la situation. Dans tous les cas, il est important de privilégier le dialogue avec votre enfant.

"Je ne voulais pas en parler à mes parents. Au fond de moi, je crois que je m'en voulais de ne pas savoir me défendre. Et puis, j'avais peur que la situation empire si j'en parlais, si je dénonçais ceux qui me harcelaient." Lucas(1) exprime ce que tant d'enfants ressentent.

Votre enfant vous en parle de lui-même

Dans le cas où votre enfant vient à vous parler de ce qu'il subit, laissez-lui le temps de trouver les mots, de vous expliquer. Votre inquiétude pourrait vous pousser à vouloir en savoir le plus possible dans un délai très court, mais cette quête est rarement compatible avec l'émotion de votre enfant. Il faut du temps pour verbaliser et aussi pour ordonner les faits, surtout si ceux-ci durent depuis longtemps. À cet instant, n'oubliez pas que l'enfant attend de l'écoute. Ne l'assaillez donc pas de questions car il risque de se refermer sur lui-même et de se sentir plus accusé que victime. Ne cherchez pas à précipiter les confidences. Le plus difficile est de commencer à s'exprimer. Le temps est votre allié.

La situation de harcèlement vous est révélée par un tiers

Dans le cas où la situation de harcèlement vous est dévoilée par une tierce personne (camarade de classe, membre de la fratrie, enseignant, entraîneur de sport...), donnez-vous le temps de préparer votre entretien, de trouver les mots qui vous semblent les plus appropriés. Ne commencez pas par vouloir vérifier immédiatement ce qui vous a été rapporté car si votre enfant ne vous en a pas parlé de lui-même, il ne sera pas forcément enclin à confirmer aussitôt des propos révélés par un proche. Commencez par lui demander comment il se sent, si des événements récents l'ont rendu heureux ou malheureux.

Pour que cette discussion délicate se déroule au mieux, voici quelques conseils à appliquer :

  • Engagez la conversation sans avoir de limite de temps, sans obligation ni rendez-vous à honorer ;
  • Laissez à votre enfant le temps dont il a besoin pour se livrer, tout en créant un environnement où la confidence vient naturellement ;
  • Ecoutez ce que votre enfant a à vous dire, même si cela n'a pas de lien avec le problème de harcèlement ;
  • Instaurez un climat de confiance apaisé ;
  • N'ayez pas peur de laisser le silence s'installer car cela est une preuve d'écoute et de respect qui peut aussi permettre de libérer la parole ;
  • Évitez les questions réflexes du type : "Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ? Tu n'as pas confiance en moi ?" ou "Quand pensais-tu me le dire ?" ou bien encore "Je vais en parler à leurs parents !".

Lors de votre échange, trouvez un terrain d'entente avec votre enfant sur la meilleure façon de résoudre le problème. Ne lui imposez pas votre point de vue car ce serait encore l'installer dans un statut de victime. En définissant avec vous le meilleur moyen de s'en sortir, vous lui redonnerez confiance et vous lui permettrez de trouver une réponse avec laquelle il est en harmonie.

Vous avez détecté des signes de harcèlement

Dans le cas où vous avez détecté des signes révélateurs, opérez comme si vous l'aviez appris par un tiers. Sans brusquer, sans interroger. Demandez à votre enfant quelles sont les raisons des changements observés. Adoptez une voix douce, un débit de parole ralenti. Ce moment doit ressembler à un dialogue au cours duquel vous pouvez vous confier sur votre propre enfance ou partager l'histoire d'autres enfants. L'objectif est de montrer à votre enfant que sa situation n'est pas unique.

Comment agir face à une situation de harcèlement ?

Quelle que soit la manière dont vous l'avez appris, vous savez que votre enfant est victime de harcèlement. Si vous êtes tenté d'aller vous-même expliquer aux jeunes harceleurs votre manière de penser ou d'interpeller leurs parents, ce n'est pas une bonne idée. Il est important de rester calme et de savoir que des recours existent dans le cadre de protocoles mis en place par l'Éducation nationale.

Parents parlons-en ! Ep3 : En parler © 2017 Tralalere

  • Collectez avec votre enfant le maximum d'éléments précis caractérisant le harcèlement, en consignant les dates, heures, lieux et nature des agissements à son encontre.
  • Contactez ensuite la direction de son établissement scolaire qui mettra en place le protocole prévu. Votre enfant sera d'abord reçu, puis viendra le tour de son ou ses agresseurs et les éventuels témoins, afin de recueillir leurs témoignages. Le chef d'établissement se mettra également en relation avec les parents des enfants harceleurs pour les impliquer dans la résolution du problème. Le directeur pourra ensuite décider de mesures de protection pour votre enfant et d'éventuelles sanctions - allant de l'avertissement à l'exclusion - à l'encontre des harceleurs.

    Depuis 2013, le ministère de l'Éducation nationale a fait de la lutte contre le harcèlement une priorité. Dans chaque académie, un référent « harcèlement » peut également être contacté (joignable au numéro vert 3020).
  • N'hésitez pas à faire également appel aux représentants de parents d'élèves. Ils pourront vous apporter un soutien moral précieux, mais également proposer d'organiser des actions de prévention en lien avec les équipes pédagogiques.
  • Si la médiation des équipes pédagogiques n'a pas suffi à résoudre la situation, vous pouvez porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. En effet, depuis 2014, la loi reconnait et condamne le harcèlement entre pairs en milieu scolaire (article 222-33-2-2 du Code Pénal), avec des circonstances aggravantes si la victime de harcèlement est mineure.
  • Enfin, face à un enfant qui ne veut pas entamer de démarches ou que vous sentez particulièrement fragilisé, mieux vaut consulter un spécialiste (psychiatre ou psychologue). Avec son aide, votre enfant développera des armes pour se protéger du harcèlement et pourra peu à peu reprendre confiance en lui. Certaines assurances scolaires, et en particulier celles de la MAE, propose un soutien psychologique en cas d'agression, de racket, harcèlement ou cyberharcèlement.

Soyez vigilants, à l'écoute, et ne restez pas isolés si vous décelez une situation de harcèlement concernant votre enfant ou un autre enfant.
Les enfants témoins de harcèlement peuvent également connaître un sentiment de peur ou de culpabilité qui les empêche de parler. Dans tous les cas, votre enfant doit savoir qu'il n'est pas seul, tout comme vous n'êtes pas seuls pour faire face à la situation.

Parents parlons-en ! Ep4 : Agir © 2017 Tralalere

Le Saviez-vous ?

La MAE est partenaire du ministère de l'Éducation nationale depuis 2013 dans le cadre de la campagne « Non Au Harcèlement ». Pilier de cette campagne, le Prix « Non Au Harcèlement » est un concours ouvert aux jeunes de 8 à 18 ans dont l'objectif est de créer, en groupe, une vidéo ou une affiche sur le thème du harcèlement ou du cyberharcèlement. Ces créations servent ensuite de supports de communication à la mise en œuvre des projets dans les établissements.

(1)Pour des raisons de confidentialité, le prénom a été modifié.

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