Alcool et cannabis au volant = danger

Chaque année, selon les chiffres de la Sécurité routière, 23 % des accidents mortels sur la route sont provoqués par des conducteurs sous l'emprise d'au moins un stupéfiant. Les jeunes, qui n'ont pas toujours conscience du danger, sont particulièrement concernés.
L'alcool au volant tue, le cannabis aussi, et la combinaison des deux multiplie par 15 le risque d'accident mortel sur la route.

C'est d'abord vous, en tant que parent, qui pouvez aider votre enfant à prendre conscience des risques qu'il prend en conduisant après avoir consommé du cannabis ou de l'alcool.
En effet, il ne réalise peut-être pas le danger, à son âge : il n'associe pas la fête aux accidents et c'est bien normal.
C'est donc à vous de le sensibiliser en lui en parlant et en lui expliquant notamment qu'alcool et cannabis ne sont pas forcément synonymes de fête.

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Les risques de l'alcool et du cannabis au volant

Le cannabis multiplie par 2 le risque d'accident (1)

Le 4 novembre 2016, une nouvelle campagne gouvernementale ciblait le cannabis au volant avec le slogan : " Fumer du cannabis c'est illégal. Sur la route ça peut être fatal ".

Même si 93 % des jeunes estiment qu'il est très dangereux de conduire après avoir fumé du cannabis, l'idée selon laquelle un seul joint est sans effet est très répandue.
Pourtant, le cannabis multiplie par 2 le risque d'accident mortel.
S'il est vrai que les conducteurs en ayant consommé ont tendance à conduire moins vite, ils multiplient les étourderies, ont des difficultés à se concentrer et sont incapables de maintenir leur trajectoire.

Cette altération des capacités est présente dès les premières bouffées et augmente avec la dose de THC - le principe actif du cannabis.

L'alcool multiplie le risque d'accident par 8,5 (2)

Le conducteur ayant bu à tendance ne pas se sentir diminué. Contrairement au cannabis, il s'estime même en pleine possession de ses moyens... alors que c'est bien sûr tout le contraire.
Cet effet désinhibant, présent dès le premier verre, incite à rouler plus vite, à tenter de doubler alors que la circulation ou la visibilité ne le permet pas.
Un seul verre favorise également les premiers signes de somnolence.
Au-delà de deux verres, d'autres symptômes apparaissent : baisse de la vigilance, réflexes amoindris, perte d'équilibre, vision rétrécie, sensibilité accrue à l'éblouissement et mauvaise appréciation des distances.

Le risque d'être responsable d'un accident mortel est en moyenne multiplié par 8,5 chez le conducteur avec un taux d'alcoolémie positif. Dès le seuil de 0,5 grammes d'alcool par litre de sang, qui est la limite légale à ne pas atteindre ou dépasser, le risque d'accident est multiplié par 3.
Par 8 à 1 gramme par litre et par 32 avec 1,6 grammes par litre ! (3)

Alcool + cannabis = risque multiplié par 15 (2)

Parce qu'ils affectent des zones différentes du cerveau, l'alcool et le THC combinés multiplient leurs effets !
Même à doses modérées, la consommation d'alcool et de cannabis multiplie par 15 la probabilité d'avoir ou de provoquer un accident de la route.
En cas de polyconsommation, les accidents ont tendance à survenir sans autre véhicule impliqué, avec des sorties de route inexpliquées (liées, par exemple, à des accélérations à mauvais escient dans des virages) ou la surprise du conducteur face aux phares d'un autre véhicule arrivant en face.

L'alcool qui désinhibe favorise la consommation de cannabis et réciproquement. Le cannabis, qui détend et donne soif, incite à prendre plus de verres. De manière générale, les polyconsommateurs n'ont aucune conscience de leur état et ne se souviennent pas avoir pris la route.

Ce que dit la loi

  • Alcool : un taux supérieur à 0,5 g par litre de sang (0,25 mg par litre d'air expiré) est puni d'une amende forfaitaire de 135 € et de la perte de 6 points, ce qui vaut annulation du permis probatoire pour un conducteur débutant (le taux autorisé étant fixé pour lui à 0,2 g/l).
    A partir de 0,8 g/l (0,40 mg/litre d'air), c'est un délit jugé par le tribunal correctionnel. Peine maximale : 2 ans de prison, 3 ans d'annulation du permis, 4 500 € d'amende avec perte de 6 points de permis.
  • Stupéfiants (dont cannabis) : pas de taux "autorisé". 2 ans de prison, 4 500 € d'amende.
  • Alcool + stupéfiants : peine portée à 3 ans de prison et 9 000 € d'amende.

En cas d'accident, le fait d'avoir consommé de l'alcool ou du cannabis constitue une circonstance aggravante.
Les peines prévues pour les accidents et dommages associés, ayant entraîné une incapacité totale de travail d'une durée inférieure ou égale à 3 mois, sont portées à 3 ans d'emprisonnement et à 45 000 € d'amende (article 222-20-1 du code pénal).

Par ailleurs, conduire après avoir bu (au-delà de la limite légale) ou fumé du cannabis expose le conducteur à ne plus être couvert ni indemnisé par son assurance concernant ses propres dommages matériels ou corporels.

Si aborder ces sujets avec votre enfant est trop difficile, si vous ne trouvez pas les mots justes ou le bon moment, appuyez-vous sur les ressources proposées en ligne (voir liens utiles), qui vous permettront de préparer ou affiner votre discours.
Vous pouvez également contacter une association comme l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) ou une ligne nationale dédiée. Ces numéros sont accessibles gratuitement et de manière anonyme pour poser une question, vous informer ou demander de l'aide.

Quelques conseils simples à mettre en œuvre

Le conducteur de la soirée

Il est important qu'un " conducteur " soit désigné avant de partir en soirée. C'est lui qui ramènera les autres et qui ne consommera pas d'alcool ou d'autres substances. Ce conducteur désigné ne doit pas changer au cours de la soirée.

Le test de l'éthylotest

Avant qu'une personne ne prenne le volant, vérifiez ensemble si le résultat de l'éthylotest est négatif.
Pensez à en prendre sur vous ou dans la voiture; les boites de nuits en mettent également à disposition. Attention, le taux maximum d'alcool est atteint après 30 min si l'on a bu à jeun, et 1h si l'on a bu au cours d'un repas !

Savoir dire non

Il faut savoir dire non à un conducteur qui a trop bu et demander l'appui du groupe pour le convaincre de ne pas prendre le volant. Ne pas hésiter à lui confisquer ses clés.

Avoir une solution de repli

Si personne n'est en mesure de prendre le volant, il faut contacter sans hésiter, même au milieu de la nuit, les parents, un adulte ou une personne de confiance titulaire du permis et en état de conduire.

Liens utiles :

(1) Étude française "Stupéfiants et accidents mortels" (SAM), publiée vendredi 2 décembre 2005 dans le British Medical Journal (BMJ). Pendant 2 ans, les chercheurs de l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets) et de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ont disséqué 10 700 dossiers exploitables de conducteurs impliqués dans les accidents mortels (analyse des circonstances des accidents, des caractéristiques du conducteur, données toxicologiques).
(2) Site de la Sécurité routière.
(3) Etude SAM (Stupéfiants et Accidents mortels de la circulation routière), Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière - 16 octobre 2013

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