Produits chimiques : quels pictogrammes indiquent des substances dangereuses pour nos enfants ?

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Eau de Javel, lessive, spray désodorisant… à la maison, les substances dangereuses doivent être placées hors de portée des enfants. Apprendre à décrypter les pictogrammes permet d’identifier les principaux dangers du produit, et d’adopter les bons réflexes en cas d’intoxication accidentelle.

Les enfants sont curieux, et n’ont pas conscience du danger. Pour découvrir le monde, ils goûtent et touchent ce qui les entoure. Les produits ménagers constituent un risque domestique important pour les plus petits. Reconnaître les symboles inscrits sur les emballages permet aux parents d‘identifier la nature des substances nocives et les précautions d’emploi à respecter, pour éviter tout empoisonnement et préserver la santé de leurs enfants.

Main à savoir
L’essentiel à retenir
  • En France et dans toute l’Union européenne, 9 pictogrammes standardisés signalent les dangers des produits chimiques sur les emballages.
  • Ces symboles, encadrés d’un losange rouge, sont définis par le règlement CLP et couvrent trois familles de risques : physique, santé et environnement.
  • Certains produits du quotidien (eau de javel, produits d’entretien, peintures) affichent plusieurs pictogrammes de danger simultanément.
  • En cas d’ingestion ou d’exposition à un produit chimique, n’attendez pas l’apparition de symptômes : appelez immédiatement un centre antipoison. Si l’enfant est inconscient, ne respire pas normalement ou présente une détresse respiratoire, composez le 15 ou le 112.
  • Ranger les produits chimiques hors de portée des enfants reste le premier geste de prévention.

Des pictogrammes uniformisés pour une meilleure prévention des accidents domestiques

En France, comme dans le reste de l’Union européenne (UE), 9 pictogrammes ont définitivement remplacé les anciens étiquetages depuis le 1er juin 2017, conformément au règlement CLP. Cet acronyme signifie en anglais « classification, labelling, packaging », traduit en français par « classification, étiquetage, emballage ».
Le règlement CLP adapte l’ancienne législation européenne aux recommandations du système général harmonisé des Nations unies (SGH) pour améliorer la protection des utilisateurs et utilisatrices. L’objectif consiste notamment à standardiser les symboles apposés sur les emballages afin de mieux alerter les consommateurs sur les risques encourus lors de la manipulation des substances ou mélanges chimiques.

Cette réglementation s’applique à la plupart des substances et mélanges chimiques mis sur le marché, avec certaines exceptions prévues par les textes. Une fiche de données de sécurité doit accompagner chaque produit dangereux à destination des professionnels, mais les pictogrammes, eux, s’adressent à tous les utilisateurs (y compris les particuliers qui manipulent ces substances au quotidien, souvent sans en mesurer pleinement le risque chimique).

Le règlement CLP distingue plusieurs classes de danger : 

  • dangers physiques
  • dangers pour la santé
  • dangers pour l’environnement
  • un danger supplémentaire lié à la couche d’ozone
Prévention des accidents domestiques

Sur les produits chimiques, les pictogrammes sont facilement identifiables : repérez les losanges blancs avec une bordure rouge. Ils sont accompagnés d’une mention d’avertissement « danger » ou « attention », selon le niveau de risque.

Comment lire une étiquette de produit chimique de A à Z ?

Un pictogramme de danger attire l’œil en premier, mais une étiquette de produit chimique contient bien d’autres informations essentielles à comprendre avant toute utilisation. Voici les éléments qui peuvent être requises, conformément au règlement CLP :

  • Le nom et les coordonnées du fournisseur : utiles pour obtenir la fiche de données de sécurité complète en cas de besoin.
  • Les identificateurs du produit : nom commercial et / ou désignation du mélange
  • Le ou les pictogrammes de danger (losange rouge) : ils signalent la nature du risque en un coup d’oeil.
  • La mention d’avertissement (« Danger » ou « Attention ») : elle indique le niveau de gravité du risque. « Danger » signale les risques les plus sévères, « Attention » les risques moindres.
  • Les phrases H (de danger) : elles décrivent précisément le type de risque, par exemple « Provoque des brûlures de la peau » ou « Nocif en cas d’ingestion ».
  • Les phrases P (de précaution) : elles indiquent les mesures concrètes à adopter, comme « Porter des gants de protection » ou « En cas d’ingestion, appeler immédiatement un centre antipoison ».
  • La quantité nominale lorsque le produit est destiné au grand public

Prendre le temps de lire ces informations avant la première utilisation d’un produit, c’est adopter le réflexe le plus simple et le plus efficace pour éviter un accident domestique. Une étiquette bien lue, c’est un risque chimique mieux maîtrisé.

La signification des 9 pictogrammes de danger sur les produits chimiques

Il est temps d’ouvrir vos placards et de passer en revue vos produits ménagers. Ce cas pratique sera particulièrement utile pour faire le tri et identifier les produits les plus à risques. Vous pourrez ensuite prendre vos dispositions pour assurer la sécurité de vos enfants en écartant le risque d’accident domestique.

Voici les 9 pictogrammes définis par le règlement CLP, avec leur signification concrète :

Pictogramme de danger Mention de danger Remarques
Explosif Rend SGH02 et SGH03 facultatifs
Inflammable
Comburant
Gaz sous pression
Corrosif Rend SGH07 (pour signaler les dangers d’irritation cutanée ou oculaire) facultatif
Toxique Rend SGH07 facultatif
Toxique, irritant, sensibilisant, narcotique
Sensibilisant, cancérogène, mutagène, reprotoxique Si présent pour signaler un danger de sensibilisation respiratoire rend SGH07 (pour signaler un danger de sensibilisation cutanée, d’irritation cutanée ou oculaire) facultatif
Danger pour l’environnement

Un même produit peut afficher plusieurs pictogrammes simultanément. Une peinture de nettoyage, par exemple, peut être à la fois inflammable et irritante. L’eau de javel courante porte souvent le pictogramme corrosif et celui signalant un danger pour l’environnement. Regarder l’ensemble des symboles présents sur l’étiquette (et pas seulement le plus visible) est essentiel pour évaluer correctement les précautions à prendre lors de son utilisation ou de son stockage.

Les produits ménagers courants et leurs pictogrammes : ce que vous avez vraiment dans vos placards

Les pictogrammes de danger ne figurent pas seulement sur des produits industriels ou professionnels. De nombreux produits du quotidien, présents dans presque tous les foyers, portent un ou plusieurs symboles de danger qu’il est utile de savoir identifier.

  • L’eau de javel : pictogrammes corrosif et dangereux pour l’environnement. Elle ne doit jamais être mélangée à un produit acide (détartrant, vinaigre) : la réaction chimique produit un gaz toxique irritant pour les voies respiratoires.
  • Le déboucheur canalisations : pictogramme corrosif fréquent, souvent associé à une toxicité aiguë. Produit parmi les plus dangereux du foyer, notamment pour la peau et les yeux en cas de contact cutané ou de projection.
  • Le nettoyant four ou le détartrant : pictogramme corrosif fréquent. L’utilisation dans un espace confiné sans ventilation peut provoquer une irritation respiratoire sévère.
  • Le white spirit et les diluants pour peinture : pictogrammes inflammable et danger pour la santé. Ces produits ne doivent jamais être stockés près d’une source de chaleur ou d’une étincelle, et leur utilisation nécessite une ventilation importante de la pièce.
  • Les sprays désodorisants ou insecticides : pictogrammes inflammable et gaz sous pression fréquents. Un aérosol ne doit jamais être exposé à la chaleur ni percé, même vide.
  • Les produits de nettoyage piscine : souvent classés comburants ou corrosifs. Leur mélange accidentel avec d’autres produits chimiques peut provoquer des réactions violentes.

Cette liste illustre concrètement pourquoi vérifier les pictogrammes avant d’acheter, de stocker ou d’utiliser un produit est une habitude qui peut éviter des accidents graves, notamment dans les foyers où vivent des enfants.

Comment réagir en cas d'accident ?

Les accidents domestiques les plus courants impliquant des produits chimiques touchent souvent des enfants en bas âge, qui ingèrent ou manipulent des produits ménagers laissés à leur portée. Voici les bons réflexes à adopter sans délai.

  • Protégez-vous, et assurez-vous de ne pas respirer, goûter ou toucher vous-même le produit toxique.
  • Si votre enfant a été exposé à des vapeurs dangereuses, amenez-le immédiatement respirer de l’air frais. Suivez les directives qui vous sont transmises par le centre antipoison.
  • Placez votre enfant en position latérale de sécurité afin qu’il ne s’étouffe pas en vomissant, ou avec sa langue s’il est inconscient.
  • Ne lui faites jamais boire d’eau ni de lait, et ne le faites pas vomir, sauf (et uniquement) sur ordre éventuel du médecin du centre antipoison ou du centre 15, en fonction du produit ingéré.
  • Si votre enfant subit des brûlures dues à un produit toxique ou qu’un produit chimique s’est renversé sur lui, enlevez tous les vêtements imbibés, et arrosez la zone de peau atteinte à l’eau tiède pendant au moins 15 minutes.

En attendant les secours : ce que vous devez communiquer au centre antipoison

Appeler le 15 ou le centre antipoison est le bon réflexe, mais la qualité des informations transmises conditionne directement la rapidité de la prise en charge. Voici ce que les médecins ont besoin de savoir pour vous orienter efficacement.

  • Le nom exact du produit : lisez-le sur l’étiquette. Si un code UFI figure sur l’emballage, notez-le aussi : il peut aider le centre antipoison à identifier précisément le mélange.
  • La quantité approximative ingérée ou le niveau d’exposition : quelques gouttes, une gorgée, un contact cutané bref ou prolongé. Même une estimation imprécise est utile.
  • L’âge et le poids de l’enfant : ces données permettent au médecin d’évaluer le niveau de risque en fonction de la dose absorbée par rapport au poids corporel.
  • Le délai écoulé depuis l’exposition : depuis combien de minutes ou d’heures l’accident s’est-il produit ? Cette information influence directement le protocole de prise en charge.
  • Les symptômes déjà observés : rougeurs cutanées, larmoiement, difficultés à respirer, nausées, perte de conscience. Décrivez ce que vous voyez, sans interpréter.

Si l’emballage est illisible ou introuvable, photographiez-le avant l’arrivée des secours pour pouvoir le montrer aux médecins. Si le produit a été transvasé dans un autre contenant, signalez-le : les secours doivent savoir qu’ils ne peuvent pas se fier au contenant pour identifier la substance.

Prévention : les bons réflexes au quotidien

Connaître les pictogrammes de danger, c’est une première étape. Mais la prévention passe aussi par des habitudes simples, à adopter dès aujourd’hui.

  • Rangez les produits chimiques en hauteur, dans des espaces fermés à clé si possible, et jamais sous l’évier à portée des enfants.
  • Ne transvasez jamais un produit dangereux dans un emballage alimentaire (bouteille d’eau, pot de confiture) : un enfant ne ferait pas la différence.
  • Lisez l’étiquette avant chaque utilisation, même pour des produits que vous utilisez régulièrement : les formulations peuvent changer.
  • Ventilez les pièces lors de l’utilisation de produits d’entretien ou de nettoyage, notamment les sprays et aérosols.
  • Respectez les précautions d’emploi indiquées sur l’emballage : gants, lunettes de protection, distance de sécurité.

Les produits chimiques font partie des principaux risques domestiques auxquels les enfants peuvent être exposés. Au-delà du rangement sécurisé des produits ménagers et de l’apprentissage des bons réflexes, il peut être utile de s’informer sur les solutions de protection prévues pour faire face aux conséquences d’un accident du quotidien, notamment dans le cadre d’une assurance famille.

Stocker les produits chimiques en sécurité : les règles à connaître selon le type de danger

Ranger un produit dangereux hors de portée des enfants est indispensable, mais le lieu et les conditions de stockage varient selon le type de pictogramme affiché. Quelques règles simples permettent d’éviter des accidents liés à une mauvaise conservation.

  • Produits inflammables (white spirit, diluants, alcool à brûler) : à stocker dans un endroit frais, à l’écart de toute source de chaleur, d’étincelle ou de flamme. Jamais dans un placard situé près d’une cuisinière ou d’un chauffe-eau.
  • Produits corrosifs (déboucheur, javel concentrée, détartrants forts) : à conserver dans leur emballage d’origine, bien fermé, en position verticale. Ne jamais les stocker avec des produits alimentaires ou dans des espaces humides qui pourraient altérer l’emballage.
  • Produits sous pression (aérosols) : à l’abri de la chaleur et du soleil direct. Un aérosol exposé à une température élevée peut exploser, même s’il est partiellement vide.
  • Produits dangereux pour l’environnement : ne jamais les vider dans l’évier, les toilettes ou une bouche d’égout. Les apporter en déchetterie pour un traitement adapté.
  • Règle universelle : ne jamais stocker deux produits chimiques incompatibles dans le même espace fermé. Un produit acide (détartrant) et un produit basique (javel) ne doivent pas se retrouver dans le même placard fermé, en cas de fuite accidentelle.

En cas de doute sur la compatibilité de deux produits ou sur leurs conditions de stockage, la fiche de données de sécurité (disponible auprès du fournisseur) fournit toutes les informations nécessaires. Ces précautions font partie intégrante d’une gestion responsable des risques au sein du foyer, au même titre que la souscription d’une protection adaptée aux aléas de la vie quotidienne.

FAQ — Pictogrammes de danger sur les produits chimiques

Depuis le 1er juin 2017, les 9 pictogrammes définis par le règlement CLP (CE) n°1272/2008 sont obligatoires sur tous les produits chimiques mis sur le marché en France et dans l’Union européenne. Ils remplacent définitivement les anciens symboles orange et noirs issus de l’ancienne directive européenne.

Pas tout à fait. Les pictogrammes CLP sont utilisés dans l’Union européenne, mais ils s’inspirent du Système Général Harmonisé (SGH) des Nations unies, adopté par de nombreux pays. Certains pays comme les États-Unis ou le Japon utilisent des symboles proches mais pas toujours identiques. En voyage ou lors d’achats à l’étranger, il est donc conseillé de vérifier la réglementation locale en matière d’étiquetage.

Les phrases H (pour « Hazard ») décrivent la nature exacte du risque lié au produit : « Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves », par exemple. Les phrases P (pour « Precautionary ») indiquent quant à elles les mesures à prendre pour manipuler le produit en toute sécurité (port de gants, ventilation de la pièce, conduite à tenir en cas d’accident). Ces phrases complètent les pictogrammes et figurent obligatoirement sur l’étiquette de tout produit chimique dangereux.

Oui, et c’est même recommandé dès le plus jeune âge. Les pictogrammes ont précisément été conçus pour être visuels et universels. Expliquer à un enfant que le losange rouge signifie « attention, c’est dangereux » est un premier pas efficace. Des outils pédagogiques existent pour aborder ce sujet de façon ludique à l’école primaire. L’objectif n’est pas de faire peur, mais de développer des réflexes de prudence durables.

Non. Un produit « naturel » ou labellisé bio n’est pas automatiquement exempt de pictogrammes de danger. Certaines substances d’origine naturelle (huiles essentielles concentrées, acides végétaux) peuvent présenter des risques réels et doivent être étiquetées conformément au règlement CLP si elles répondent aux critères de classification. Le label bio ne dispense pas du respect des obligations d’étiquetage chimique.

Les produits chimiques ménagers ne se jettent pas à la poubelle ordinaire ni ne se vident dans l’évier. Ils doivent être déposés en déchetterie ou lors d’une collecte de déchets dangereux organisée par votre commune. Conserver le produit dans son emballage d’origine, avec son étiquette intacte, est essentiel pour que les agents de collecte puissent l’identifier et le traiter correctement.

Oui, mais le règlement prévoit des aménagements pour certains petits emballages ou emballages difficiles à étiqueter. Selon les cas, certaines mentions et parfois certains pictogrammes peuvent être omis ou reportés sur une notice jointe.

Un produit nocif présente un risque limité pour la santé en cas d’exposition (irritations ou effets indésirables passagers). Un produit toxique, en revanche, peut entraîner des effets graves sur la santé, voire être mortel, même à faible dose. Sur l’étiquette, cette distinction se traduit par des pictogrammes différents et par des phrases H spécifiques qui précisent la nature et la gravité du risque.

Pas nécessairement. L’absence de pictogramme signifie que le produit ne remplit pas les critères de classification définis par le règlement CLP. Cela ne garantit pas une innocuité totale, notamment pour les enfants en bas âge ou les personnes sensibles. Certains produits cosmétiques ou d’entretien courants peuvent provoquer des irritations ou des réactions allergiques sans pour autant être classés comme dangereux au sens réglementaire.

Si vous avez souscrit un contrat susceptible de couvrir l’accident, déclarez le sinistre dès que possible et dans le délai prévu au contrat. Oui, dès lors que l’accident entraîne des soins médicaux ou une hospitalisation. Le délai de déclaration d’accident à l’assurance est un point de vigilance important : chaque contrat prévoit un délai précis à respecter pour que la prise en charge soit effective. En cas de doute, il est conseillé de contacter son assureur dès que possible après l’accident.

Si vous avez souscrit un contrat susceptible de couvrir les conséquences de l’accident, il est recommandé de déclarer le sinistre dès que possible. Le délai de déclaration d’accident à l’assurance varie selon les garanties concernées et les conditions prévues au contrat. En cas de soins médicaux, d’hospitalisation ou de séquelles, contactez rapidement votre assureur afin de connaître les démarches à effectuer et les justificatifs à fournir. Vérifiez également les garanties, exclusions et conditions d’indemnisation applicables à votre situation.

Sources

  • Commission européenne – Règlement (CE) n°1272/2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et mélanges (CLP)eur-lex.europa.eu
  • INRS (Institut national de recherche et de sécurité) – Pictogrammes de danger CLP inrs.fr
  • Santé Publique France – Intoxications aiguës et accidents domestiques chez l’enfant santepubliquefrance.fr
  • ECHA (Agence européenne des produits chimiques) – Système CLP et étiquetage des produits chimiques echa.europa.eu
À propos de l’auteur
Image de Camille L.
Camille L.

Experte assurance

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